LE DERNIER COL

VOYAGE A VELO

03 novembre 2006

6ième étape : Marseille - Sault. 128 Km. Lundi 12 Septembre 1994

6ième étape : Marseille - Sault. 128 Km. Lundi 12 Septembre 1994

Cette sixième journée m’amène à travers la Provence du nord.
Elle cherche à préparer le départ vers le mont Ventoux dont l’ascension comme celle du mont Mézenc était recherchée depuis 1992.
Une petite marche d’approche, au petit kilométrage et sur des routes tranquilles, avant d’entamer le grand retour vers la Seine-et-Marne !

Départ 07h25 Arrivée 14h45

Météo : « Et dire qu’il avait fait si beau la veille ! »

Depuis le départ de Cesson, le même schéma météo revient souvent :
mauvais temps le matin, beau temps en fin de matinée et dans l’après-midi.
Je quitte en effet Marseille sous un ciel gris et humide dès le départ.
La pluie me rejoindra un peu plus tard au Sud d’Aix-en-Provence à Calas.
Il pleut si fort que je suis contraint d’utiliser les chaussons imperméables et la cape.
Et dire qu’il avait fait si beau la veille !
Elle s’installera ainsi pendant une bonne demi-heure puis une bruine entrecoupée d’accalmie finira une partie de la matinée jusqu’aux Montagnes du Lubéron.
L’après-midi s’annonce chaud,voir très chaud : je suis obligé de rouler en short et en t-shirt.

Physique :

Je ne ressens pas de fatigue générale. Ma condition physique est bonne et reste stable.
De plus Je n’ai pas mal au dos malgré plusieurs jours de portage et les efforts d’escalade effectués la veille.
Cet état me permet de progresser sans peine au vue de la faible distance de cette journée et de franchir les quelques reliefs dans les délais que j’avais prévu.
Je remarque que je finis correctement chaque étape.
Cette situation est rassurante : elle est un bon indicateur de la condition physique.
Je sais par avance que je pourrais récupérer sans mal et bénéficier ainsi plus que d’un très bon sommeil.

Performance : « savoir se ménager au lieu de se dépenser »

Je profite des plats que m’offre la route pour m’exercer à la vitesse :
32 à 37 Km/h selon les endroits.
Dans les reliefs, ma vitesse chute lourdement : 15 à 22 Km/h dans le Lubéron et vers les massifs qui jouxtent la partie sud du plateau d’Albion.
Il faut dire qu’il fait très chaud et cette contrainte m’impose de ne pas gaspiller mon énergie inutilement. Au contraire du cyclosportif, le cyclotouriste, celui qui enchaîne les distances sur plusieurs jours d’affilés, doit savoir se ménager au lieu de se dépenser.
Sur le plateau d’Albion, j’accuse 37 Km/h sur les 11 à 15 derniers Km. Là, je m’éclate !

Moral : « un esprit libre et détaché »

Mon moral est à l’image de mon physique.
Je ne m’inquiète pas des efforts à fournir sur les prochains jours ni de ce qui peut m’attendre.
De plus mon matériel est resté fiable : ni défaillance mécanique, ni crevaison.
Je m’engage sur les routes avec un esprit libre et détaché.
Une impression d’osmose entre moi-même, mon matériel et l’environnement dans lequel j’évolue semble me combler depuis le Puy-en-Velay.

Relief :

Le parcours n’est pas difficile.
Il est un ensemble moyen composé de plats et de légères descentes.
Il est caractérisé par deux lourds reliefs qui ont l’avantage d’etre localisés :
La montagne du Lubéron qui offre un passage aisé et régulier jusqu’au col Le Pointu avant une descente plutôt rapide sur Apt puis la progression assez longue vers le plateau d’Albion sur la route de Jean-Jean et Rustrel en plein soleil et ou la chaleur m’a imposé plusieurs arrêts.
Avant le Lubéron, on traversera la minuscule chaîne de la Trévaresse dans sa largeur.

Au moment de l’étude du parcours, quelques mois avant le départ, la localisation des reliefs permet de connaître tout de suite le niveau de difficulté et de préciser les lieux exactes où un effort est nécessaire.
On maîtrisera ainsi mieux la gestion de son effort.

Je mets à mon actif le 3ième col de cet aller et retour vers Marseille :
le col Le Pointu ( 499 ) ,petit certes mais un col quand même !

Paysage - Curiosité : « plantés au milieu de nulle part, ses ruines tombent sous la végétation »

La partie la plus intéressante se révèle à Cadenet et au-delà.
Une fois la Durance franchie, la route remonte les combes tortueuses de Lourmarin vers le col Le Pointu. Entre le massif des Cèdres et le Grand Lubéron, on s’enfonce dans un paysage de gorges et de falaises où tout semble se mélanger à l’infini : les forets de pins, de chênes et de cèdres tapissent les versants avec la rocaille, la lavande, le romarin, le thym et la garrigue.
À certains endroits, je pouvais d’ailleurs ressentir certaines saveurs et parfums.
La foret est très dense, presque impénétrable, jusqu’à recouvrir les versants des falaises de calcaire. Sur ma droite avant d’accéder au col, l’Aigue Brun, qui se jette dans la Durance, creuse sa route dans un paysage de gorges et de montagnes submergées de forets.
L’isolement est total. Le silence aussi. Seul s’entend l’appel des rapaces évoluant dans le ciel. Dans cette solitude, l’immense ciel bleu ajoute une dimension supplémentaire à ce paysage.
La même impression ressentie en approchant la Cèze effleure l’esprit : une nature immense et authentique. Un microcosme sauvage.

Et c’est dans ce mélange de forets et de rochers de bout du Monde, que je découvre soudain le prieuré de Saint-Symphorien.
Comme surgissant d’un coup de plusieurs siècles, plantés au milieu de nulle part, ses ruines tombent sous la végétation. Seul son cloché roman haut de six ou sept étages se dresse fièrement vers le ciel presque intact au-dessus des arbres. Plus loin, mais je ne peux l’apercevoir, la foret cache les ruines d’un fort,construit en plein Lubéron,là où aucune route ne mène ! Le fort de Buoux.
Je suis frappé, même encore aujourd’hui, par la foi qui portait ces gens à construire de tels édifices et citadelles dans ces lieux impossibles. Incroyable !

On retiendra les deux seuls villages jonchés sur ma route : à l’entrée du Lubéron Lourmarin avec ses maisons aux pierres rosées, ses rues sinueuses aux passages voûtés, son château puis Les tourettes (15 Km plus loin ! ) petit lieu-dit découvert dans la descente sur Apt.

Le col du pointu et la descente sur Apt, très rapide, m’offre la première rencontre avec le plateau du Vaucluse. Il s étend au Nord au-dessus des reliefs qui jalonnent Apt.
Au loin, sur la ligne d’horizon, se profile la pointe blanche du mont Ventoux.
Du regard, j’embrasse tout le panorama d’Est en Ouest.
Cette immensité me fait aussi comprendre que la route est encore longue.

D’ Apt à Saint-Christol, sur la route de Rustrel, le paysage est montagneux et forestier.
La route n’est pas si difficile en soi mais elle se trouve aujourd’hui exposée en plein soleil.
Il fait chaud. Il fait même très chaud.
Je suis obligé de m’arrêter à Rustrel. Ce petit village de Provence est comme un océan de fraîcheur. Je rejoins la terrasse ombragée d’un petit café pour faire une pause méritée.
Sûrement la seule pause de tout le parcours.

La route remonte le cours du Doa avant d’arriver à Saint Christol puis le plateau d’Albion.
De l’autre côté de cette petite rivière, on peut admirer le Colorado avec ses carrières ocre,
ses falaises jaunes et rouges aux parois déchiquetées par l’érosion.

Curiosité : « une vie ancestrale depuis la nuit des temps »

On retiendra surtout Lourmarin, Rustrel et Saint-Christol.
Ces petits villages m’ont paru authentiques.
Ils ont su conserver leur architecture d’origine, leurs rues anciennes et leurs façades de vieilles pierres.
Une harmonie qui leur confère ce charme que l’on donne aux villages de Provence.
Apt est un centre commerçant dont la vieille ville s’organise autour de rues étroites et de places ombragées. Apt doit sa célébrité comme la capitale mondiale des fruits confits.
Sault est le dernier village avant le mont Ventoux. Par temps clair il offre une vue imprenable
sur les gorges de la Nesque.

Toute la région qui s’étend sur le plateau du Vaucluse dispose de nombreuses origines
préhistoriques : les alentours de Banon, Simiane la Rotonde, Sault et Aurel peuvent donner cette image de création des origines.
D’ailleurs, depuis le Lubéron où l’on trouve des abris en pierre sèche, les bories, dont l’origine remonte à des millénaires, le paysage sauvage, la végétation généreuse et les multiples sanctuaires creusés dans la roche ou les gouffres comme celui de Caladaire permettent d’imaginer que pouvait se développer ici une vie ancestrale depuis la nuit des temps.

L'hôtel où j'ai logé se nomme La rabasse.
Il est accueillant et calme.
Il faut dire que Sault est un petit village qui n’attire pas les foules au mois de Septembre.
Dès 20 heures les rues ne sont plus fréquentées et les voitures ne s’arrêtent pas.
Dans la journée, je me suis contenté d’un sandwich au jambon et d’un deuxième au fromage.
Quelques grappes de raisins saisies dans les vignes ou dans les remorques de petits tracteurs que je doublais ont aussi fait l’affaire.
Le soir a été un vrai régal : une salade paysanne, deux escalopes de dindes aux légumes et un plateau de fromage pour couronner le dessert.

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5ième étape : Vallon Pont d’Arc - Marseille.188 Km. Samedi 10 Septembre 1994

5ième étape : Vallon Pont d’Arc - Marseille.188 Km. Samedi 10 Septembre 1994

Sur le panneau, à l’entrée de la ville, on peut lire : « Marseille - Commune d’Europe –
Jumelée avec Hambourg, Gênes, Haïfa, Abidjan, Kobé, Dakar, Odessa, Le Pirée, Alexandrie ».
Après 5 jours, un instant de gloire.

Départ 07h40 Arrivée 15h30

Météo : « D’Avignon à Martigues, c’est un léger vent qui me pousse »

Il a fait très beau toute la journée.
Il a aussi fait très chaud.
Une légère crainte s’est pourtant installée dès le départ par la présence d’un banc nuageux assez imposant jusqu’aux gorges de La Cèze.
J’ai bien cru rejoindre Marseille accompagnée par le gris du ciel et la pluie mais ces nuages matinaux ont vite disparu.
C’est en effet dans la vallée du rhone que le beau temps s’est installé pour la journée.
Le vent est resté faible et pour une fois je peux profiter de cette rare accalmie.
D’Avignon à Martigues, c’est un léger vent venant du nord-ouest qui me pousse sous un ciel immensément bleu et clair.

Physique :

Ma condition physique est bonne.
Elle tends à s’améliorer à mesure des étapes.
Comme la journée d’hier, je ne ressens ni lourdeur dans les jambes, ni fatigue générale.
Le port du sac à dos ne me gêne pas non plus.
Mon potentiel me laisse libre choix dans la gestion du temps de parcours.
Cette maîtrise me permet donc de progresser comme je le souhaite :
je peux ainsi consacrer plus de temps que prévu à apprécier certains sites au lieu comme on dit « de rouler tête dans le guidon ».
Le temps perdu à tel endroit sera de toute façon rattrapé ailleurs.
Cependant, en fin de parcours à hauteur de Marignane,des douleurs se font sentir aux fessiers.
Elles me pénalisent pendant quelques kilomètres.
Je n’étais pas équipé à cette époque d’un gel de selle.

Je me sens bien, aguerri et en pleine possession de mes moyens.
J’éprouve un réel plaisir à évoluer ainsi.
Je pense même que j’aurais pu continuer sur une distance plus longue encore,
quitte à laisser Marseille derrière soi !

Performance : « ce plaisir me fait oublier les difficultés du premier jour »

Une fois encore tous les endroits ont été atteints dans les délais.
Il s’agira pour certains d’un détail mais qui en fait à son importance.
Il peut mesurer l’impact des handicaps rencontrés ou la sensation d’avoir « galéré » mais aussi de gérer son parcours lorsque la distance est longue.
D’une manière générale, j’ai le sentiment que mes performances ont été assez élevées.
C’est la première étape pour l’instant qui valorise la vitesse.
Il faut dire que les reliefs sont quasiment inexistants après Bagnols-Sur-Cèze.

Jusqu’aux gorges de La Cèze 22-25 Km/h, maxi 27 à cause des reliefs
Des gorges à Bagnols-Sur-Cèze 32-35 Km/h
De Bagnols à Marignane j’accuse très souvent 35-37 Km/h

Ces performances n’ont pas altéré ma condition physique malgré les efforts dans l’étape du Massif Central sur un fort relief et les 2 premières journées jusqu’à Clermont-Ferrand sous un vent contraire violent.
Elles sont le résultat d’un entraînement régulier et d’une bonne récupération.

À rouler ainsi, ce plaisir me fait oublier les difficultés du premier jour entre Montargis
et Cosne-Sur-Loire !

Moral : « Ma satisfaction est pleine et entière ! »

Marseille à 5 jours de la Seine-et-Marne, le Massif Central à 2 jours, des paysages forts,
des sensations garanties. Que demander de plus !
Ma satisfaction est pleine et entière !
De plus la météo est annoncée stable pour plusieurs jours.

Cette performance est honorable mais il faut savoir rester humble et lucide même si le matériel est fiable, même si le potentiel permet de faire face aux difficultés.
Ce premier objectif atteint il en reste en effet un second et dernier de même ampleur : le retour

Relief :

Le relief divise le parcours en deux parties séparées par la vallée du Rhône.
On trouve la plus forte concentration de relief jusqu’à Bagnols-Sur-Cèze : une succession de multiples cotes et de descentes, dans un massif forestier assez dense et fermé, entre Barjac et St-André-de-Roquepertuis sur la route de la Cèze.
Les amateurs de vitesse, comme ceux qui préfèrent s’échauffer tranquillement, se feront plaisir sur les longs plats entre Vallon, Vagnas et Barjac.
Une fois dans la vallée du Rhône, on évolue le plus souvent sur du plat.
Les reliefs sont très localisés et ne sont d’aucun handicap : on ne fera que longer le massif
Les plaines et la montagne du Défends entre Cavaillon et Salon-de-Provence.
Au sud de Salon, au 13ième Km sur la N113, un point de vue au somment d’un massif sans nom nous fait dominer la plaine de l’étang de Berre.
La chaîne de l’Estaque est le relief le plus important avec le massif forestier de la Cèze.
Il sera sans difficulté malgré la distance parcourue.
La partie la plus pentue est sa façade maritime.

Paysage - Curiosité : « Aux confins du Gard et de l’Ardèche »

Au petit matin, de Vallon-Pont-d’Arc à Barjac, je ressens la même sensation qu’au départ du Puy-en-Velay vers le mont Mézenc : Je ne suis pourtant pas parti aux aurores et tout autour me semble encore endormi et silencieux.
L’Ardèche reste calme et froide.
Pas une onde sur l’eau, pas une vibration dans les arbres.
Je m’aperçois en plus que je suis presque seul sur la route. Rares sont les gens décidés à sortir en ce samedi matin brumeux et frais : Vallon et Salavas sont restés endormis.
À rouler seul dans cette ambiance matinale, on a l’impression d’être le témoin privilégié,
de posséder et de faire partie de tout ce qui entoure.

La partie la plus intéressante du parcours s’étire de Barjac à Bagnols-Sur-Cèze.
Ma route me conduit vers les gorges de la Cèze dans une région isolée au relief accidenté.
Nous sommes au sud des célèbres gorges de l’Ardèche.
Aux confins même du Gard et de l’Ardèche.
Dans l’enchevêtrement de collines boisées, souvent abruptes, on a ce double sentiment
par l’isolement et l’aspect difficilement pénétrable, d’etre au bout du Monde et que tout reste finalement à découvrir : des dolmens cachés aux grottes préhistoriques de la Cèze,
les ruines du château de Fèreyrolles, ces hameaux et ces villages perdus dans la garrigue
sur des petites routes de nulle part.


À l’entrée des gorges, on trouvera Montclus, un superbe petit village dominant la rivière.
Un bout de civilisation planté au beau milieu des collines et des forets.
De grandes maisons aux murs d’ocre sont bâties autour du château médiéval dont il ne reste que des vestiges.

La Cèze prend naissance sur le mont Lozère dans les Cévennes et se jette dans le Rhône.
Elle est moins connue que sa grande sœur l’Ardèche.
Elle est aussi moins prestigieuse au regard.
Pourtant l’écrivain Jean-Pierre Chabrol écrit d’elle : « un rayonnement, un chatoiement d’ombres et de lumières dansantes, à lui seul un heureux univers de fraîcheur et de liberté ».
Elle taille son chemin dans un étroit canyon flanqué de part et d’autres de falaises abruptes.
La route qui la longe est elle-même très étroite.
Elle se faufile parfois autour de blocs de rochers verticaux et tordus.

À la sortie de ce défilé sauvage apparaissent un relief dégagé, des collines dépouillées,
puis des vignes et vergers, châteaux et villages.
Elle marque la limite ou l’Homme a cessé de mettre son empreinte.
Dans ce désert de rocailles et d’herbes sèches, on retiendra les deux beaux villages de
Saint-André-de-Roquepertuis et Goudargues.
Plus loin La Roque Sur Cèze, comme Monclus d’ailleurs, se doit d’être considéré comme une petite merveille : ce village aux vieux murs de pierres et piqueté ce cyprès grimpe sur un piton rocheux au milieu d’une nature encore préservée.
Au pied des bâtisses la Cèze vient s’enrouler dans un jeu de cascades le long des vignes.
Un rare village au charme d’autrefois. Un village comme on les aime.

De Bagnols-Sur-Cèze à l’Estaque, la route me laisse peu de saveur paysagère.
J’ai décidé dans la construction de mon parcours que cette 5° journée serait un tracé direct. Dans la vallée du Rhône à Avignon, le long de la Durance à Cavaillon puis aux abords de l’étang de Berre je paie alors le prix par cette absence de route pittoresque, de paysage à contempler, de petits détails accrocheurs qui rendent l’œil contemplatif.
Je me fais quand même plaisir le long du canal de Craponne au nord de Salon-de-Provence
ou ma route s’engouffre sous plusieurs kilomètres de voûtes d’arbres.


« Puis d’un coup Marseille »

La chaîne de l’Estaque est le relief le plus important avec les gorges de la Cèze.
Il est aussi le dernier relief franchi.
Celui au sommet duquel j’aperçois la Méditerranée s’étirer sur tous les horizons.
Du haut de mon point de vue au lieu dit Le Rove, je distingue Marseille plus loin sur ma gauche, une forme en filigrane le long de la cote.
Je ne distingue pas tout de la ville située à 13 ou 15 Km.
Je me lance dans la dernière et grande descente que m’offre la N568.
Sur ma droite, la rade dessine son arc de cercle.
Je passe un tunnel creusé dans la roche puis déboule à toute allure sous une voie de chemins de fer.
Un bras de mer entre aperçu sous les arcades. Encore une cote lointaine.
Puis d’un coup Marseille.
J’immortalise l’événement par une photo.

Sur le panneau, à l’entrée de la ville, on peut lire : « Marseille - Commune d’Europe –
Jumelée avec Hambourg, Gênes, Haïfa, Abidjan, Kobé, Dakar, Odessa, Le Pirée, Alexandrie ».
Après 5 jours, un instant de gloire.


« La traversée de Marseille s’est révélée épique »

Avant d’entamer la descente de la chaîne des Estaque j’ai dû m’arrêter dans un petit bar au lieu dit Le Douard pour réapprovisionner en eau : il a fait très chaud et mes bouteilles sont vides.
Vide mais pas uniquement à cause de la chaleur : j’ai dû les utiliser pour me débarrasser de deux caniches. Deux caniches cons. Alors que je cherchais ma route dans les pavillons de Gignac-La-Nerthe, ils me surprennent puis reviennent sur moi, l’un à ma droite, l’autre à ma gauche excités comme fous. Au bout de plusieurs minutes de ce jeu, je décide d’en taper un avec la pompe à vélo mais cela n’a que peu d’effet.
L’un d’eux s’approche de moi au plus près, aboyant, l’œil mauvais et le croc visible.
Pour m’en débarrasser définitivement, je sacrifie mes deux dernières bouteilles d’eau.
Mouillé comme tel il devrait fuir mais cela les excite encore plus !
Encore un peu il me mordait un bout de jambes !
L’odeur d’une grillade détourne soudain leur attention : ils se rendent aussi fous et hurlants dans le jardin d’un pavillon. Un silence se fait.
Puis ils fuient la propriété poursuivi par un chien de garde.
Ils m’ont fait perdre un bon quart d’heure, ces deux caniches les plus cons du Monde !

La traversée de Marseille s’est révélée encore épique entre l’Estaque et La Madrague.
Je n’avais aucune carte précise et je me dirigeais en suivant la direction du vieux port.
Je me rappelle du panneau : « vieux port – route verte » (route verte pour route touristique).
Suivez la flèche !
Un petit panneau que j’ai perdu à un carrefour : sur ma gauche, ma route partait dans des pavillons, sur ma droite elle finissait dans l’immense port commercial et son contrôle douanier,
devant moi elle rejoignait une route qui partait droit sur Marseille.
Je m’engage donc tout droit.
Après avoir rouler 700 mètres, je me rends compte qu’elle devient une voie express.
Je suis sur un tronçon de l’A7, l’autoroute du soleil !
Sans possibilité de dégager ni par la droite, ni par la gauche, je suis obligé de m’en sortir
en faisant demi-tour.
Je roule donc à contresens sur l’A7 en me serrant au maximum sur la gauche le long du mur.
La voie des véhicules lents me porte chance : je n’en croise aucun sur ces 700 mètres !

Je suis hébergé cette fois-ci chez un couple d’amis, Marc et Sibille.
Je passerais le Dimanche avec eux avant de repartir Lundi matin sur la route du Nord.
L’après-midi n’est pas de tout repos : encore du sport !
On rejoint un site d’escalade où Marc a l’habitude de s’entraîner avant de partir dans les Alpes former avec mon frère une cordée sur les cascades de glace et autres terribles ascensions.
Je me tente sur quelques blocs en faisant tout de même attention :
Une blessure m’obligerait à rentrer en train et je préfère l’éviter.

Leur appartement est proche de la Canebière.
J’en profite pour entamer une ballade matinale sur ses alentours.
Notre Dame de la Garde m’offre une belle vue panoramique : le fort Saint-Nicolas, le fort
Saint-Jean, le Vieux Port et la cité marseillaise, millénaire de 20 siècles.
Au sud le château d’if se laisse apercevoir sous un ciel bleu.
Au nord se dessinent les contours de la chaîne de l’Etoile et la pointe du pic de Garlaban.

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4ième étape : Le Puy en Velay – Vallon Pont d’Arc.148 Km. Vendredi 09 Septembre 1994

4ième étape : Le Puy en Velay – Vallon Pont d’Arc.148 Km. Vendredi 09 Septembre 1994

La deuxième journée dans le Massif se finit dans l’Ardèche dans des décors de rêve.
Sauf entre Aubenas et Villeneuve-de-Berg, toute la progression est effectuée dans des paysages pittoresques et sauvages, l’esprit de l’étape se voulant de retrouver la définition de ce que l’on appelle les grands espaces.
De plus un point d’honneur est mis au Mont Mézenc dont l’ascension était recherchée depuis 1992, année de mon Tour de France en solitaire.

Départ 07h40 Arrivée 15h11

Météo : « Vers 12h00 c’est un ciel dégagé qui ouvre ma route vers le Sud »

Couvert dans la matinée, beau dans l’après-midi, tel aurait pu-t-on résumer cette journée.
Jusqu’à 09h30, le ciel est dégagé au-dessus et au sud du Puy sur un rayon de 15 Km.
Lors de la seconde moitié de la matinée, le ciel se charge d’une brume matinale puis d’un plafond nuageux très bas sur les hauts-reliefs.
Le massif du Mézenc vers lequel je me dirige est couvert de nuages gris.
Ces blocs compacts comme une banquise sont posés immobiles au-dessus des crêtes.
Dans ce calme matinal, sur ses routes et ses plateaux silencieux désertés par la fraîcheur, ils semblent comme profiter des derniers instants d’une longue et grâce matinée avant de se réveiller.
Leur présence durant toute la nuit apporte un air humide ce qui provoque une sensation de froid désagréable et très accentuée dans les descentes. De plus le vent venant du sud se met aussi de la partie,
Ces conditions m’obligent à porter un coupe-vent et des gants, vêtements que je ne portais pas 2 ans plus tôt lors de mon Tour de France.
Ces « légers » déboires de l’époque ont profité à mon expérience et cette négligence a disparu.

Vers 12h00 et dans l’après-midi, c’est un ciel dégagé qui ouvre ma route vers le Sud.
Le plafond bas et grisâtre fait place à de légers bouquets de nuages blancs.
Un ciel bleu sans fin défile jusqu’à l’horizon. Je profite donc d’un arrêt pour troquer survêtement,
coupe-vent et gants contre un t-shirt et un cuissard court.

En l’espace de quelques kilomètres seulement, l’arrivée dans l’Ardèche se marque
d’un temps sec et très chaud. Le changement de météo est radical. Ce changement brutal est une caractéristique très claire : on vérifie en effet sur le terrain l’influence que l’on dit souvent attribuer à la Loire et à son environnement.


Physique : « Les efforts me rendent la grâce des points de vue »

Comme les jours précédents je me sens bien.
Je ne ressens ni courbature et ni douleur. Le sac à dos ne me gêne pas non plus dans les ascensions malgré des mouvements en danseuse et des cotes assez longues.
Cependant je suis un peu éprouvé jusqu’au Gerbier-de-Jonc par une longue ascension, la première de la journée. Elle était située sûrement trop tôt dans le programme pour un long
plat qui la précédait et sur lequel j’ai dû rouler un peu trop vite…
C’est après le passage du Gerbier que je peux me faire plaisir dans de meilleures conditions.
Il est vrai que je n’ai pas fait d’effort la veille : cet avantage me permet une bonne récupération.
L’aptitude physique donne un confort certain et rend beaucoup plus de plaisir à ce que l’on entreprend.
Les efforts me rendent la grâce des points de vue.


Performance :
Tous les endroits ont été atteints dans les délais fixés et là se trouve l’essentiel.
Dans les reliefs, j’accuse entre 15 et 22 Km/h sur 25 Km avant le Mt Mézenc et le Gerbier.
Dans les descentes, la vitesse est variable : entre 35 et 55 Km/h selon le revêtement et
le tracé des routes.


Relief- Paysage :

« Un vertige panoramique qui laisse rêveur »

« Sensations garanties » sont les mots qui me viennent à l’esprit avant d’écrire.
Du début à la fin ma route m’emmène dans des décors sauvages et des espaces grandioses
à travers le Velay, les Monts du Vivarais et les Monts d’Ardèche.
Du Puy à Lantriac, on trouve un plat très long et quelques faux plats.
Vers la fin sur 6Km je m’accroche à une cote assez dure.
De Lantriac au Mézenc, une autre cote, plus longue et plus rude, impose un rythme plus faible.

Mais la route ne déçoit pas malgré l’effort imposé : entre Laussonne et Les Estables,
on découvre enfin cette beauté sauvage et préservée des paysages d’Auvergne.
Les grandes landes du plateau, cette floraison de sucs et de collines, les monts d’Alambre, le rocher Tourte et du Bachat qui ne sont autres que des volcans éteints.
Sur la droite, la vue porte vers la petite barrière des monts du Devès et au nord derrière soi ceux lointains du Livradois-Forrez posés sur la ligne d’horizon.

Perché à 1343 m au pied du Mézenc le village Les Estables est le plus haut du Massif Central. Un des plus humbles aussi et des plus pittoresques malgré sa station de ski :
Des maisons en blocs de basalte,des murs d’1m50 d’épaisseur, des lauzes empilées sur le toit.

Je laisse les deux sommets du Mont Mézenc sur ma gauche.On y accède à pied en 25 minutes mais pour ne pas laisser mon matériel sans surveillance, je décide de ne pas m’y rendre.
Et pourtant ! Le panorama est un des plus beaux du Massif Central sinon le plus saisissant :
Au nord, le massif du Meygal et les monts du Forez au-delà de la Loire, à l’ouest la Margeride, les volcans des Dômes, des Dore et du Cantal, au sud les Cévennes, la table du mont Lozère et le mont Ventoux, puis à l’est loin de 225 Km les Alpes.
Un vertige panoramique qui laisse rêveur.
Plus proche, le relief se dessine sur des vallées encaissées, des sucs et des falaises.

C’est sur la route du Gerbier-de-Jonc, source de la Loire, que je retrouve satisfaction.
Une courte pause s’impose à une table panoramique car dans toute son étendue, de Chamonix à Briançon, c’est toute la chaîne des Alpes qui s’ouvrent d’un coup à mes yeux.
On peut distinguer Les Ecrins, des sommets comme la Meije que l’on tient du bout des doigts.
Une vue impressionnante.
Enfin une belle récompense.

Je me rends compte que cette vue permet de distinguer la météo sur le massif alpin et sur les vallées du Rhône en fonction du plafond nuageux et de la lumière du soleil.
Une observation utile pour qui veut un jour relier l’Auvergne aux Alpes en l’espace d’une journée.

Je quitte l’Auvergne par les monts d’Ardèche.
Une route terrible qui sera 17 Km de descente à travers les gorges de la Volane.
On ne trouve rien de mieux pour enfin se reposer et récupérer mais la mauvaise qualité du revêtement et le tracé très tortueux m’empêche de profiter pleinement du site.
Je m’oblige en effet à faire attention et à réduire parfois ma vitesse.
Malgré tout j’évolue dans un décor de falaises abruptes, de gorges étroites et plongeantes,
de rochers suspendues, des hameaux isolés, d’autres perdus dans le creux des falaises ou leur sommet comme Le Crouset, Pinchenole, Laviolle et Antraigues.
Le paysage se libère devant moi sur les hauteurs d’Aubenas.
D’un coup d’œil, j’embrasse tout le panorama du plateau de Coiron jusqu’à celui des gorges de l’Ardèche au sud de Villeneuve-de Berg.

C’est justement après Villeneuve-de-Berg que je rejoins Vallon-Pont-d’Arc.
Une petite route sur la carte, un itinéraire isolé dégagé des grands axes: les gorges de l’Ibie.
Le paysage est certes différent de celui du Massif Central mais l’impression demeure :
Une nature préservée et brute de maquis et de pins, une végétation sèche, des falaises et collines, des torrents asséchés, un isolement total de bout du Monde dans des hameaux aux noms inconnus tel Vaudanoux, St Maurice d’Ibie ou encore Les Salelles.

Du Puy jusqu’à Vallon, le changement est évident dans le relief et le climat.
D’une région à une autre pourtant distante d’un seul relief, les monts d’Ardèche, et en définitif pas si lointaine, le contraste se ressent aussi dans l’architecture et l’aménagement des villages.

Je mets à mon actif les 2 premiers cols de cet aller et retour vers Marseille :
le col de la Clède (1385) et de Mézilhac (1130)

Curiosité :

L’ensemble du parcours est à lui seul une curiosité.
Celui ou celle qui aime les grands espaces, ceux d’une nature brute, en sera servie.
Je dois dire qu’il s’agit d’une des meilleures étapes parcourues à ce jour depuis le début de ma pratique cycliste.

Vallon-Pont-d’Arc ne m’a pas surpris et mon impression après l’avoir traversée la première fois en 1990 s’est révélée être exacte : Ce village ardéchois sûrement paisible et charmeur autrefois est malheureusement miné par le tourisme de masse.

Mon hôtel s’appelle l’hôtel du parc.
Ma chambre est au calme ce qui est un avantage nécessaire pour un bon repos.
Mais l’hôtel est un peu radin sur le petit-déjeuner. D’ailleurs tous mes petits-déjeuners allaient être ce que l’on trouve de plus classique dans un hôtel. Je ne prenais aucun complément.
L’accueil était tout de même sympathique car j’étais à vélo.
Dans la journée, je me suis contentée sur l’ensemble du parcours de 2 bananes dont une consommée avant le Gerbier et de 2 barres chocolatées.
Mon repas du soir n’a pas dérogé à la règle : malgré les efforts physiques, malgré les conseils
des diététiciens et scientifiques du sport, je me réserve le droit d’ingurgiter encore une fois
une pizza, une salade et une petite glace.

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25 octobre 2006

3ième étape : Clermont-Ferrand – Le Puy-en-Velay. 138 Km Jeudi 08 Septembre 1994

3ième étape : Clermont-Ferrand – Le Puy-en-Velay. 138 Km Jeudi 08 Septembre 1994

« Mon regard se tourne plus loin vers les massifs totalement obstrués »

Cette étape est la première journée dans le Massif Central.
Elle devait m’emmener jusqu’au Puy par des itinéraires secondaires et le long de paysages pittoresques
Je me suis effectivement rendu au Puy mais je n’ai malheureusement pas eu la possibilité de l’exécuter selon mes souhaits. Elle a été compromise par le vol d’une partie de mon matériel :
À la sortie de Clermont, je me suis arrêté dans une boulangerie.
J’avais prévu pour gagner du temps de ne pas m’attarder à l’Hôtel et de manger en roulant.
Quelle agréable surprise lorsque j’aperçois le vélo sans sa sacoche arrière au moment de sortir de la boulangerie ! matériel volé ou perdu à cause d’un mauvais sanglage ?
Quoi qu’il en soit je me rappelle du gars qui sortait de la boulangerie juste après mon arrivée…
Cette sacoche contenait l’ensemble des chambres à air, les démontes pneus et des tournevis.
Je suis donc obligé de retourner dans le centre de Clermont pour trouver un commerçant
car m’engager comme tel sur les routes du Massif est un risque à ne pas prendre :
Je sais par expérience que j’ai au moins une crevaison par périple.

Je réussis à trouver ce qu’il me faut dans un garage mais son heure d’ouverture est tardive.
De plus j’ai fait le chemin en sens inverse jusqu’à l’hôtel pour tenter de la retrouver.
Il est entre 10h30 et 11h00 lorsque j’en sors.Un peu tard n’est-ce pas ?

Au-dessus de Clermont, le ciel se couvre.Les bouquets de nuages noirs finissent par dévorer les seuls morceaux de ciel bleu qui pouvaient rester.
Le ciel se met à tonner plusieurs fois. Un lourd rideau de pluie s’abat.
Le genre de pluie qui s’installe bien. Très confortablement. Et pour longtemps.
Mon regard se tourne plus loin vers les massifs totalement obstrués.
Mon espoir de rejoindre Le Puy par beau temps s’évanouit comme une peau de chagrin.

Alors que le parcours était réalisable sans risque physique de décrocher,
alors que des décors paysagers sûrement hallucinants me donnaient rendez-vous,
je me résous à devoir regagner le Puy par le train.
Que la frustration est grande de ne pouvoir se réaliser soi-même à cause d’événement indépendant de sa volonté.
Et que la frustration devient encore plus grande lorsque vous avez pris le temps de vous préparer durant des semaines et que vous savez que vous auriez pu.

J’essuie la buée qui a pris naissance sur la vitre de mon compartiment.
Je dessine un carré ou un rond.
Je ne sais pas où se trouve mon train mais mon regard se perd au-delà vers les crêtes, vers les sommets.
Un rideau sombre comble l’espace entre les nuages et les montagnes.
Au loin, la pluie se fait incessante.

Posté par torgal à 22:11 - CESSON-MARSEILLE-CESSON - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 octobre 2006

2ième étape : Fourchambault – Clermont-Ferrand.166 Km, Mercredi 07 Septembre 1994

2ième étape : Fourchambault – Clermont-Ferrand.166 Km, Mercredi 07 Septembre 1994

Vers la porte du Massif Central, la route remonte la rive de l’Allier.
Un voyage au fil de l’eau où tout le long c’est essentiellement une France campagnarde qui se dévoile.
C’est aussi Le Massif Central à 2 jours de chez soi !

Départ 8h13 Arrivée 16h23

Météo : « Sympa comme accueil pour un départ matinal ! »

Identique au premier jour,à savoir un temps gris le matin, des éclaircies et un ciel dégagé au-delà de 12h00.
Question de mettre un peu d’ambiance et de montrer peut-être à quoi je devais m’en tenir, une mauvaise pluie sous forme d’averse m’a accompagné dès le départ durant une bonne demi-heure,puis ensuite la bruine et l’air chargé d’humidité s’en mêlent.
Sympa comme accueil pour un départ matinal !
Je l’ai retrouvée par deux fois sur le reste de la journée notamment sur les 10 derniers Km.
Vent modéré dans la matinée : les reliefs traversés m’en ont protégé mais une fois dans la plaine,le vent venant du Sud a soufflé : j’ai dû subir des assauts très fort et ma progression une fois de plus a été ralentie.

Physique : non éprouvé,je tiens le choc au bout de 366 Km en 2 jours…
Sauf en fin de parcours à cause du sac à dos,la quasi-totalité des affaires y était.
Il faut un peu de temps pour se conforter à ce type de portage, généralement une demi-journée est suffisante,question d’habituer la musculature, mais surtout de positionnement sur le dos (trop bas ou trop haut) pour pouvoir soulager les lombaires,les reins ,les pauvres épaules et le cou.
Cela a nécessité de nombreux arrêts pour relâcher la pression et réajuster.
Sans ce système de portage,je serais aller beaucoup plus vite mais le vélo n’était pas équipé pour la pose de sacoches. Faisons donc avec les moyens du bord.

Moral : « …Cette affaire a été réglée le 07 Septembre 1994 à 16h23 »

Bon. Je suis sans inquiétude particulière pour la suite malgré une météo mauvaise annoncée pour les prochains jours. On se demande ou parfois aller chercher un tel optimisme…
Un vieux rêve s’est réalisé ou plutôt un petit défi :
Mettre Clermont Ferrand à 2 jours de la Seine-et-Marne.
Cette idée me trottait dans la tête depuis un certain temps.
Je me rappellerais lors de mes entraînements dans le Gâtinais,entre Malesherbes et Puiseaux,des panneaux rencontrés au hasard sur des petites routes :
« Clermont-Ferrand 300 Km »,un peu par ci un peu par là.
À la voir parfois si proche,parfois un peu loin, obligé de faire demi-tour pour rentrer chez soi sans y consacrer du temps une bonne fois pour toute, j’avais la nette impression d’être un peu nargué ou de devoir trop patienté….
Mais cette affaire a été réglée une bonne fois le 07 Septembre 1994 à 16h23.

Performance : 24/25 Km/h dans les reliefs.
En plaine,seulement 25 Km/h sur les 40/50 derniers Km à cause du vent et quelques cotes sûrement trop pentues.
Sur les 10 derniers Km mon compteur s’accroche à un bon 37 Km/h en continu.

Relief- Paysage : « Une vue emblématique pour celle ou celui qui aime les grands espaces »

Le relief, rive gauche de l’Allier,de même que le paysage,rappelle le Morvan et la région entre Clermont et Limoges (souvenir d’une étape d’un Tour de France).
Une succession de cotes et de descentes plutôt légères dessinent une région extrêmement vallonnée marquée par des bosquets et des champs.
Sur la rive droite puis vers Clermont, on se laisse défiler vers un paysage plutôt classique composé de grandes zones champêtres et en friches,ne représentant en fait que peu d’intérêts.
L’arrivée vers Clermont après avoir totalisé un long kilométrage est ardu :
Des successions interminables de petits reliefs,un mélange de cotes et de descentes sur les 20 derniers Km. La même approche en fait que par le Sud malgré l’existence au Nord d’une grande plaine.

L’intérêt réside dans la vue sur l’horizon portée sur les premiers contreforts du Massif.
Une vue emblématique pour celle ou celui qui aime les grands espaces.
Cette sensation représentait pour moi une sorte d’appel, l’impression visuelle s’y prêtait sous une forme étrange et dramatique : le relief se dessinait entre un ciel sombre et des jets de lumière orangée et jaune traversant les nuages.

Curiosité : « parmi les plus beaux villages de France »

La fameuse rive gauche de l’Allier révèle des fermes pittoresques,de larges battisses à l’allure de petites forteresses ou châteaux, éparpillées sur l’ensemble du parcours et qui se dévoileront,à qui saura y prêter attention,au détour d’un petit vallon ou d’une zone forestière.
Suivre l’Allier nous mène aussi vers Cuffy,Mornay Sur Allier,Le Veurdre,Aubigny et Apremont-Sur-Allier réputé pour figurer parmi les plus beaux villages de France.
On les découvrira sur plusieurs Km le long des canaux.

Entre Nevers et Clermont, l’activité se regroupe uniquement vers les villes qui se comptent sur le bout des doigts. Telle en tout cas fut mon impression.
À l’Est et notamment à L’Ouest,il s’agit d’une France campagnarde ou l’on oublie l’existence des villes : les hameaux vivent de l’agriculture et du commerce local.
( 1 ou 2 magasins regroupant l’ensemble des besoins) et ne sont composés à mon avis que de familles déjà établies : agriculteurs,artisans,retraités.
Je pense que les jeunes dont les parents s’y sont installés sont internes en semaine et ne viennent que le week-end, d’ou à mon sens l’éclatement familial en zone rurale.

L'hôtel où j’ai logé porte un nom prédestiné : « Hôtel de la petite vitesse »
Comme partout ou je me rendais, l’accueil est chaque fois sympathique.
Certains diront qu’on soigne sa clientèle mais je pense que les gens ne sont pas indifférents à cette façon de voyager.
Par contre j’ai mal dormi car la pluie incessante frappait un toit en tôle situé sous ma fenêtre. On aurait dit que des billes en plomb y étaient lâchées toute la nuit.
Mon repas : je me suis rendu dans une pizzeria. Très diététique après un bel effort !
Salade campagnarde,pizza et pêche melba.

Remarque : il me semble avoir reconnu entre Cours Les Barres et Cuffy sur la D45.
l’écluse d’un canal traversé par un pont en bois, doté de 2 baraquements et d’un port d’attache rectangulaire, que j’aurais pu traverser à cheval en 1984 ou 1985 lors d’une randonnée d’un week-end.

La troisième et quatrième journée,avant-dernière étape vers Marseille,nous conduirons vers les Gorges de l’Ardèche et Vallon-Pont-d’Arc.
Vous pourrez lire la suite dans quelques jours en attendant vos commentaires et impressions.

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23 octobre 2006

1ère étape : Cesson - Fourchambault, 200 Km, Mardi 06 Septembre 1994

1ère étape : Cesson - Fourchambault, 200 Km, Mardi 06 Septembre 1994

Étape qui marque l'arrivée vers le Pays de la Loire, région de Briare à Nevers. Mais qui sous un vent très violent a été retardé et m'a obligé l'emploi du train à 50 Km de l'arrivée
(dommage !!! )

Départ 7h00 Arrivée 17h00`

Météo : temps gris en matinée,dégagée dans l'après-midi - bruine entre Bourron Marlotte,Nemours,Château Landon et Montargis sous un ciel menaçant et très chargé - vers 11h45 début des éclaircies,ciel dégagé par un vent sud-nord très violent - dans l'après-midi, ciel dégagé, nuage blanc, vent contraire très violent.

Physique : correct au départ,éprouvé dans l'après-midi à cause du vent d’où une certaine fatigue entre Briare et Cosnes-Sur-Loire.
À l’arrivée, peu de lourdeur dans les jambes et cela grâce à une pause vers 14h15, mais aussi à l'entraînement.

Moral : bon, pas d'inquiétude pour la suite, se sentir bien dès la 1ère journée est très important pour la suite car cela conditionne la combativité et l'implication dans le parcours. Lidée du train est venu à cause du vent car ma progression était devenu très faible. Il restait 50 Km à parcourir.
Départ en train à 16h07,arrivée à 17h00,si je l'avais fini en vélo à une moyenne de 25km/h plus 30mn à cause du vent, l'arrivée aurait eu lieu vers 16h45-17h00. Il était préférable de prendre le train pour éviter de forcer comme une brute et éviter ainsi les crampes et une mauvaise récupération.

Performance : 25 Km/h.
arrivée à Nemours à 8h10
arrivée à Château-Landon à 9h00
arrivée à Montargis à 9h49.
Au-delà de Montargis, un retard d'une heure est accusé à cause du vent !!

Relief- Paysage : composé à 90% de plat,les 10% restants sont des côtes isolées ne représentant pas de difficultés dont la cote de 10% sur la route ronde en foret de Fontainebleau.
Paysage classique composé de champs et domaine forestier.
Curiosité : Montargis avec ses nombreuses rues pavées, ses canaux fleuris et Briare dont le canal surplombe la Loire. De nombreux petits villages et hameaux longent la Loire, le charme est dû à l'architecture et la pierre des bâtiments. Fourchambault est une ville très banale et sans plus ne représentant que la banlieue de Nevers. Si Nevers n'existait pas, Fourchambault n'aurait que peu d'intérêt.

L'hôtel du Centre où j'ai logé a un accueil très sympathique. Il est calme.
J'ai pris le petit-déjeuner à 7H30.
Mon repas était un menu imposé et bien préparé : pâté, escalope et patte,
fromage en plateau,mousse au chocolat ( plusieurs desserts au choix)
Voici comment s'est donc déroulée cette première étape vers Marseille.
La deuxième journée nous conduira vers l'entrée du Massif Central.
Vous pourrez lire la suite dans quelques jours en attendant vos commentaires et impressions.

Posté par torgal à 00:00 - CESSON-MARSEILLE-CESSON - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2006

PRESENTATION

" Le Dernier Col " est le récit de mes aventures cyclistes menées sur plusieurs années.
L'idée de ce voyage m'a conduit sur les routes de France en vélo de route mais aussi en vtt.
Vous y découvrirez des paysages insolites, des moments difficiles et victorieux,
des impressions de voyage et des infos ou des conseils pratiques mais aussi
de nouveaux itinéraires pour l’évasion et l’esprit libre.
massif_central

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