28 décembre 2006
11ième étape : Auxerre - Cesson. 135 Km. Samedi 17 Septembre 1994
11ième étape : Auxerre - Cesson. 135 Km. Samedi 17 Septembre 1994
La dernière étape, comme la première, est celle qu’il ne faut surtout pas rater.
Pour un périple réussi et une image positive récompensant l’effort, il faut une première et une dernière étape victorieuse.
Départ 08h25 Arrivée 14h50
Météo : « Pour une fois, la météo est clémente ! »
Le ciel reste dégagé et m’assure jusqu’à l’arrivée une situation stable.
Je ne trouve en effet le long du parcours aucune pluie et cela a été assez rare.
Pour une fois, la météo est clémente !
Cependant je suis obligé de lutter très souvent contre un vent fort venant de face ou de côté.
Il est présent localement sur des terrains découverts comme les plaines ou à travers champs.
La traversée des bosquets et des bois m’offre donc un peu de répit.
Physique - Performance : « une certaine fatigue, identique à la veille, est présente »
Je respecte mes vitesses moyennes et mes délais dans cette progression vers la Seine-et-Marne, mais une certaine fatigue, identique à la veille, est présente.
De plus, le vent n’arrange pas ma situation car sa puissance m’oblige à plus de résistance si bien que par moments, puis de manière un peu plus fréquente, j’éprouve une certaine envie de dormir.
D’ailleurs, entre Lorrez-le-Bocage et Nanteau-sur-Lunain, je suis pris d’une somnolence.
Mon état de résistance et mes capacités de récupération me permettent cependant de continuer au rythme que je m’étais imposé. Mais comparativement à mon Tour de France réalisé deux ans plus tôt, la fatigue est beaucoup plus nette.
Je n’ai jamais su qu’elle en était la raison exacte.
L’été 1994 a été aussi l’un des plus chauds depuis les années 60 : le nombre de sorties cyclistes de Juin à Août a chuté et mon entraînement a donc été perturbé.
Relief – paysage :
Le paysage est classique au nord de Joigny. On trouvera une alternance de champs, de bosquets et de bois sans oublier la foret de Fontainebleau par sa Route Ronde.
Malgré tout, les saveurs paysagères rencontrées dans le Massif Central, au Nord de Marseille jusqu’à Crest puis en Saône-et-Loire sont ici sans comparaison et sans égal et se font désirer.
Au-delà d’Auxerre et à mesure de l’approche vers l’Ile de France, le paysage se dessine dans de vastes plaines. Les reliefs les plus importants sont la vallée du Lunain entre Chéroy et Nanteau puis les abords de la foret de Fontainebleau à Montigny-sur-Loing.
On trouvera quelques cotes, comme celle de Saint-Julien-du-Sault, à la pente assez forte.
Les faux plats et les quelques côtes isolées ne m’impressionnent guère :
Au Nord de l’Yonne, dans la région de Chéroy, un air de déjà-vu se reconnaît.
Je suis ici dans mon périmètre d’entraînement, un terrain de jeu que je connais,
comme un grand jardin dans lequel j’ai l’habitude d’évoluer les yeux fermés.
J’ai échappé de peu à un accident à la sortie de Joigny : une voiture me double tractant une petite remorque décapotable dans laquelle sont installés un grand carton vide et une palette en bois récupérée dans les grandes surfaces.
Le véhicule est à 80 mètres devant moi et un grand coup de vent s’engouffre dans l’avenue.
Les feuilles mortes se mettent à danser, les branches d’arbres glissent sur le sol quand soudain le carton s’envole puis la palette en bois voltigeant en l’air avant de s’étaler au milieu de la chaussée à peine à 50 ou 60 mètres juste devant moi. Un peu plus et je me la prenais…
Décidemment, cet aller et retour vers Marseille a été mouvementé !
« Il était une fois un périple »
J’arrive à Cesson avant la pluie, juste 1 heure avant une terrible averse !
J’ai du mal à croire que tout cela semble se terminer aussi brusquement sitôt le vélo mis dans le garage et les affaires laissées en vrac dans l’entrée : à les regarder, on les croirait d’ailleurs posés pour un nouveau départ ! Pendant 11 jours, une habitude de vie, un rythme et des lieux à chaque fois différent, des endroits qu’il faut traverser, s’y poser puis quitter de nouveau, des paysages changeants. Il va falloir s’habituer à une vie sédentaire et ce retour à une vie normale va paraître un peu irréel pendant quelque temps.
Dans 2 jours donc, le travail m’attend : le train, le métro, le bureau, le métro, le train.
Puis,avant de travailler pleinement,raconter Cesson-Marseille à ses collègues entre deux cafés.
Toute une histoire !
Dehors, à travers le velux de ma chambre, j’aperçois le ciel se brouiller de nuages et d’une pluie battante.
Le regard un peu dans le vide,un peu conscient que tout prend fin,les souvenirs se mélangent :
le Massif Central, le prieuré de Saint-Symphorien, le souvenir lointain du premier train avant Fourchambault, le Lubéron, la berlinoise rencontrée sur le quai d’une gare un jour de pluie, la descente sans frein du mont Ventoux, les gorges de la Cèze…
Dans 2 jours, Lundi donc, je reprends le travail.
Dans 2 jours, je le sais, ce sera forcément difficile.
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