LE DERNIER COL

VOYAGE A VELO

28 décembre 2006

9 ième étape : Lyon – Paray-le-Monial. 138 Km. Jeudi 15 Septembre 1994

9 ième étape : Lyon – Paray-le-Monial. 138 Km. Jeudi 15 Septembre 1994

Un petit kilométrage mais qui cache une des étapes les plus difficiles, sinon la plus dure,
du fait essentiellement de la combinaison du relief, du vent violent et de son rang dans le périple. Mais malgré ces difficultés, ce parcours offre la récompense des derniers sites intéressants et pittoresques avant l’arrivée.

Départ 08h20 Arrivée 16h01

Météo : «Une pluie torrentielle de 20 minutes s’abat en pleine campagne à 15 Km de l’arrivée »

La crainte du matin, accentuée par la lecture du bulletin météo annoncé mauvais la veille et un ciel couvert dès le départ, s’est dissipée : c’est un ciel chargé de nuages blanc et de bouquets gris épars qui accompagnent ma route vers Paray-le-Monial à travers les massifs du Lyonnais et du Charollais. Sauf dans Lyon ou ne sont tombées que quelques gouttes sous un plafond bas et sombre, j’ai bien cru devoir affronter encore une fois la pluie tout le long du parcours.
Par contre, un vent constant et mauvais s’est mêlé à ma route, presque toute la journée et dans le sens contraire de ma progression !
Souvent, j’ai dû subir les assauts d’un vent violent, soufflant en de très fortes rafales, entre Tarare et le col des Sauvages, puis au-delà de Chauffailles et plusieurs kilomètres avant Paray-le-Monial.
Malheureusement, mon espoir d’arriver sans la pluie s’est évanoui une douzaine de kilomètres avant ma destination finale, alors qu’un vent diabolique venant d’Ouest ramenait inexorablement sur moi des bouquets de nuages noirs.
Une pluie torrentielle de 20 minutes s’abat en pleine campagne à 15 Km de l’arrivée : survêtement, chaussures et vêtement mouillés, avec pour le lendemain seulement les chaussures de sèches !

Physique : « Il fallait surtout compter sur sa propre ardeur et sa combativité »

Mon physique a été bien mis à l’épreuve car j’ai été confronté jusqu’à la fin à une multitude de reliefs à franchir sous un vent contraire.
Le plat étant presque insignifiant, il fallait profiter des faux plats descendants et des longues descentes du début de journée pour pouvoir récupérer. Il fallait surtout compter sur sa propre ardeur et sa combativité pour ne pas fléchir dans certaines situations intenses et cela sans rien attendre d’une accalmie du vent ou d’un terrain longuement favorable.
Sous une météo défavorable et un terrain accidenté sur 130 Km, la seule issue possible est en effet de trouver en soi les ressources physiques et psychologiques nécessaires.
Un combat contre les éléments naturels et soi-même que j’apprécie fortement et digne d’un sport d’extérieur.
Malgré tout, une certaine fatigue se fait sentir à l’arrivée.

Performance : « Les performances ont été altérées par le vent »

Mes performances sont très faibles : jusqu’au deux tiers du parcours, j’évolue à 20 Km/h !
Lamentable…
C’est seulement vers la fin,15 Km avant Charolles,ou je peux accuser un maximum de 35 Km/h.
Les performances ont été altérées par le vent venant du nord-ouest alors que ma direction était contraire, du sud-est vers le nord-ouest
L’ascension du petit col des Sauvages s’est faite en luttant contre des bourrasques de vent et la progression, dans la descente de ce même col, l’était en pédalant !
Descendre un col en devant pédaler pour atteindre une vitesse minimale en dit long sur la puissance du vent.
Généralement il faut simplement se laisser glisser pour descendre vite…
Ce jour-là, le col des Sauvages avait bien donné son nom à ce vent furieux !

Moral : « mon mental est partagé »

Je ressens la satisfaction de m’etre défait du Lyonnais et du Charollais. En touchant le canal du Centre, à hauteur de Macon, je mets un point d’honneur à rompre avec la partie Sud de la France et affirmer une progression nette et franche vers la Seine-et-Marne.
Mais mon mental est partagé car, d’un autre coté, la situation climatique m’affaiblit : l’averse m’a littéralement trempé. Je ne sais si tout sera sec pour le lendemain alors que c’est encore un jour de pluie très forte que j’affronte en restant dehors et cela coup sur coup.

Relief : « Ce relief rappelle quelque peu certaines régions de Normandie »

Le parcours est éprouvant. On évolue dans une succession infinie de petits reliefs ou les zones de plats sont quasiment inexistantes.
De Lyon à Tarare, la route nous emmène à travers la partie nord des monts du Lyonnais.
Elle est la partie la plus accessible des monts, là ou les reliefs ne font que commencer.
Mais il faut quand même passer de nombreuses cotes assez longues.
Au nord, sur la route d’Amplepuis, de Thizy et de Chauffailles, nous sommes à l’ouest des monts du Beaujolais et le même relief se dessine : de longues cotes et descentes s’alternent de quelques faux plats.
La route conduit à deux nouveaux cols réalisés dans la matinée : le col des Sauvages (723 m) entre Tarare et Amplepuis puis le col de la bûche (683 m) entre Cours et Belmont-de-la Loire.

De Chauffailles à Paray-le-Monial, la région est très vallonnée. Le relief donne naissance à des cotes et des descentes courtes mais pentues et, à la longue, rudes à grimper.
La route donne par ailleurs cette impression de tourner sans cesse, escaladant et descendant de manière désordonnée entre chaque bocage et chaque colline.
Ma progression dans cette région de mamelons est à l’image d’un voilier ballotté sans cesse sur les vagues !
Ce relief rappelle quelque peu certaines régions de Normandie.

Paysage – curiosité : « Un voyage en pleine nature »

Du Lyonnais au Charollais, c’est tout le charme d’une France campagnarde qui se dévoile.
Une campagne isolée.
Une campagne de bout de France
On y rentre doucement depuis les Arbresle, juste après avoir quitté la banlieue lyonnaise.
Déjà, les premières fermes isolées et les premiers petits pâturages se dessinent à travers une végétation dense de bosquets et de haies.
Il suffit ensuite de franchir le col des Sauvages et sa ligne de partage des eaux à Tarare pour y rentrer de plein pied.
Ainsi jusqu’à Paray-le-Monial, la route nous mène dans une succession de champs, de bois et de pâturages sur près d’une centaine de kilomètres.
Un voyage en pleine nature, ou, éparpillés à travers la campagne, on croisera cette multitude de vieux villages et de petits hameaux, nichés dans un creux ou étendus sur le flanc d’une colline, vivant en toute tranquillité, comme Mazoncle, Château-Neuf, Ligny-en-Brionnais, Saint-Maurice ou Varenne.
Et justement, c’est proche de Ligny que me revient le souvenir du prieuré de Saint-Symphorien lorsque j’aperçois au bord de la route cette petite chapelle : minuscule, sûrement la plus petite, branquebalante dans ses vielles pierres, elle fut comme maladroitement sortie tout droit de terre pour y etre posée, perdue en rase campagne.

Cette campagne isolée à ses surprises : elle nous fera découvrir d’anciennes villes du 19ième, comme Thizy, au pied de la Trambouze à quelques kilomètres des gorges de la Loire, Amplepuis et Tarare, toutes connues pour avoir étés parmi les premières cités industrielles.
« Le pays des Pierres Dorées »

On rentre au pays des Pierres Dorées entre Tarare et Villefranche-Sur-Saône le long de l’Azergues.
Son nom trouve son origine dans un calcaire ocre et si chaud qu’il donne l’impression d’etre gorgé de soleil.
Le pays des Pierres Dorées nous fait remonter l’Histoire au travers d’anciennes villes fortifiées et châteaux médiévaux. On découvrira, entre les vignobles du beaujolais lyonnais et les collines de forets, l’ancienne ville fortifiée de Chazay, la forteresse de Châtillon dominant les rives de l’Azergues de ses tours et remparts, les châteaux de Charnay,Ternand, Jarnioux et Montmelas.
La tour de l’ancien château du Bois d’Oingt offre, avec le sommet du Signal de Saint-Bonnet,
un magnifique panorama sur ces terres méconnues et peu fréquentées.


L’hôtel qui m’a accueilli est le grand hôtel de la basilique.
Cet hôtel accueillant m’offre une chambre au calme malgré qu’elle soit face à l’impressionnante basilique.
Dans la journée, je me suis contenté de quelques bananes et barres chocolatées.
Un sandwich au fromage a aussi fait l’affaire pour caler une petite faim.
Le soir, dans la salle de restaurant décorée dans un style victorien pour lequel mes vêtements du soir semblaient peu adaptés (un survêtement et un t-shirt), je me suis contenté d’une salade, d’une viande aux légumes puis d’une glace pour clore la soirée.

Posté par torgal à 22:44 - CESSON-MARSEILLE-CESSON - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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