05 décembre 2006
8ième étape : Crest - Lyon. 132 Km. Mercredi 14 Septembre 1994
8ième étape : Crest - Lyon. 132 Km. Mercredi 14 Septembre 1994
Cette journée n’est peut-être pas la plus difficile.
Elle est en tout la plus décevante à cause des conditions météo.
Départ 08h20 Arrivée horaire non relevé
Météo : « en plus violent ! »
La météo qui m’attend est à l’identique des précédentes mais en plus violent !
Dès le départ, mon parcours s’accompagne d’une pluie continuelle jusqu’à 13h.
Une pluie lourde, grasse et franche, partie pour s’installer longtemps.
Le genre de pluie qui vous ferait continuer votre matinée sous la couette ou déprimer quand vous êtes forcément obligé de passer dessous.
Très souvent je subis des averses très fortes et suffisamment longues pour m’obliger à de nombreux arrêts.
Même si on dispose de protection, comme une cape ou des chaussons imperméables,
on est pris par la tentation instinctive de se protéger sous un abri.
À partir de 13h, je bénéficie d’un créneau météo enfin favorable mais de courte durée.
Le ciel se dégage pour un temps et l’air devient chaud.
Mais à l‘Ouest de Lyon, les reliefs sont encombrés d’une masse nuageuse sombre.
Elle se met à rouler sur elle-même pour grandir de plus en plus et prendre de la hauteur.
Une hauteur magistrale vers le ciel.
Une masse sombre et sans fin de forme apocalyptique prend naissance au-dessus de la citée Lyonnaise.
Je décide de m’engager au plus vite pensant que j’aurais le temps suffisant, malgré les15 Km qui me séparent de Lyon, de m’approcher au plus près de mon hôtel sans subir d’averse…
Peine perdue : 2 averses magistrales subies en l’espace de 20 minutes, l’une d’une pluie torrentielle sur un boulevard extérieur encombré de véhicules qui me ralentissaient, l’autre encore plus démente tombant sans prévenir et accompagnée d’une pluie de grêle très dense.
Je suis déjà trempé alors que je trouve un abri dans la cage d’escalier d’un petit immeuble ou je passe le temps à jouer avec un chat attendant que la pluie cesse.
Physique : « mes chaussures et mon survêtement sont trempés pour la journée »
L’état général me permet de progresser relativement vite.
Par contre, je ressens, comme hier, une gêne occasionnelle à la base du coup, sûrement à cause du portage du sac à dos, et quelques douleurs aux fessiers.
La douleur au dos subie la veille a quant à elle disparu.
Une sensation de froid s’est aussi installée mais pour une longue partie de la journée :
une voiture m’a doublé de trop près dans un rond point au moment où je longeais une dépression formée sur la chaussée.
Mieux qu’une dépression, vu la quantité d’eau, il s’agissait sûrement d’un bassin.
Me voici donc littéralement aspergé de plusieurs dizaines de litres d’eau au 35ième Km :
mes chaussures et mon survêtement sont trempés pour la journée et je n’ai pas de rechange.
Performance : « sans chercher à forcer l’allure dans les reliefs »
J’évolue de manière plutôt correcte mais sans chercher à forcer l’allure dans les reliefs.
15 Km/h dans les reliefs, 25 Km/h sur le plat au minimum.
Très souvent je roule à 35-37 Km/h grâce aux nombreux plats.
Lors de l’approche sur Lyon, sur les grands boulevards extérieurs, j’accuse malgré tout
45-50 Km/h.
Moral : « cet état ne conforte pas le plaisir à rouler »
La météo peu favorable me lasse.
J’ai l’habitude de l’eau mais cela commence effectivement à m’agacer un peu.
Je suis obligé de subir des conditions déplaisantes et cet état ne conforte pas le plaisir à rouler.
De plus, la cape ne facilite pas les manœuvres car, si elle protège de la pluie, elle flotte souvent dans le vent et vient parfois se coller sur les jambes ou le reste du corps.
De plus je l’utilise aussi pour protéger la sacoche avant : recouvrant la sacoche et le guidon, elle forme un creux de par sa taille et dans lequel vient s’accumuler l’eau de pluie.
Elle sert de réservoir…
Je suis sans cesse obligé de la soulever pour renverser l’eau accumulée !
J’ai d’ailleurs abandonné le port de la cape sur une bonne partie du parcours.
Relief – paysage – curiosité :
Déçue par les conditions météo, je ne me suis pas trop attaché à découvrir le paysage,
me contentant surtout de rouler au mieux et au plus vite.
De toute façon, le plafond nuageux assez bas n’offrait qu’un horizon difficile à distinguer.
Cependant, se découpant à l’Ouest de Chabeuil et Romans-sur-Isère, on pouvait distinguer les premiers reliefs du Vercors, les montagnes de l’Epenet et de Musan.
Le relief est des plus accessibles dans cette progression vers Lyon. On ne trouve presque que du plat, du faux plat et quelques petites bosses. Les cotes sont isolées et les plus importantes se trouvent à Romans-sur-Isère, Beaurepaire, Vienne et Saint-Symphorien d’Ozon.
Par beau temps, on peut s’attarder dans les rues de Romans-sur-Isère.
Bâti autour d’une collégiale, le vieux quartier s’étend avec ses maisons à balcons de bois.
Plus au Nord, sur la rive gauche du Rhône, Vienne reste fière de ses origines.
Cette cité fut plusieurs fois, et sous différentes époques, capitale d’empires régionaux.
Elle conserve un théâtre antique, vestige de l’époque romaine.
J’ai logé sur Lyon même, dans l’hôtel du Dauphiné ou j’ai bénéficié d’une chambre au calme.
Je m’y suis présenté trempé, les cheveux décoiffés, les chaussures mouillées.
Au vue de mon état, l’hôtesse d’accueil a du avoir pitié et m’a ainsi offert, pour la circonstance, un café au lait, des biscuits et un jus d’orange alors que celui-ci était payant !
Alors qu’en journée, je me contentais de quelques bananes et barres chocolatées, mon repas du soir se composait d’un plat de pâtes et d’une pizza.
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